Nuit de folie : le but le plus tardif de l'histoire du Mondial envoie les Diables en huitièmes

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Il était un peu plus de cinq heures du matin en Belgique quand Youri Tielemans a posé le ballon sur le point de penalty. Le chrono affichait 124 minutes et 44 secondes — un chiffre que personne, dans aucune Coupe du Monde masculine, n’avait jamais vu s’allumer avant un but. Sur les canapés de Bruxelles à Charleroi, ceux qui avaient tenu jusque-là ne respiraient plus. Vingt minutes plus tôt, les Diables Rouges étaient éliminés. Menés 2-0 après la 85e minute, ils n’existaient plus. Et pourtant.

Youri Tielemans transforme un penalty au bout de la prolongation, poings serrés, coéquipiers accourant vers lui
Tielemans transforme le penalty de la 120e+5 : le but le plus tardif jamais marqué en Coupe du Monde masculine.

Deux à zéro, et le vide

La soirée avait pourtant tout d’un chemin de croix. Le Sénégal, solide, réaliste, avait frappé deux fois : Diarra à la 25e, Sarr à la 51e. Deux buts, deux coups de massue. Passé l’heure de jeu, les Lions de la Teranga géraient, et la sélection de Rudi Garcia semblait courir après un train déjà parti. On repensait à la longue disette des Diables dans les grands tournois, à cette génération qu’on disait finie. À la 85e minute, il fallait deux buts en cinq minutes pour ne pas mourir.

C’est exactement ce qui est arrivé.

Cinq minutes pour renaître

Romelu Lukaku a ouvert la brèche à la 86e, de la seule manière qu’il connaisse : en force, au cœur de la surface. Trois minutes plus tard, Tielemans surgissait une première fois pour égaliser (89e). 2-2. Le Sénégal, qui tenait sa qualification du bout des gants, venait de la voir se dissoudre en cent quatre-vingts secondes. Jamais, dans l’histoire de la compétition, une équipe menée de deux buts après la 85e minute dans le temps réglementaire n’avait évité la défaite. Les Diables l’ont fait.

  • Belgique 3-2 Sénégal (a.p.) : les Diables renversent un 0-2 après la 85e minute, du jamais-vu en Coupe du Monde.
  • Le penalty de Tielemans à la 120e+5 (124:44) est le but le plus tardif de l’histoire du Mondial masculin.
  • L’Angleterre (2-1 face à la RD Congo) et les États-Unis (2-0 face à la Bosnie, à dix) rejoignent aussi les huitièmes.
  • Prochain rendez-vous belge : le huitième de finale contre les États-Unis, le 6 juillet.

Le penalty de tous les records… et de toutes les polémiques

La prolongation fut un supplice partagé. Et puis, à la 120e+5, après le plus long recours à l’assistance vidéo de tout le tournoi, l’arbitre a désigné le point de penalty. Tielemans, glacial, a envoyé le gardien du mauvais côté. 3-2. Le but le plus tardif jamais marqué dans une Coupe du Monde masculine, à la seconde près.

En Angleterre, les consultants de Sky Sports ont hurlé au scandale. Gary Neville n’a pas mâché ses mots : « I genuinely don’t believe that’s a penalty. » (« Je ne crois vraiment pas que ce soit un penalty. ») Roy Keane, lui, a résumé le sentiment du plateau d’une formule : « It’s very, very harsh. » (« C’est très, très sévère. ») En Belgique, on n’a pas trop philosophé sur la sévérité : on a laissé exploser vingt ans de frustrations.

Un penalty à la 124e minute après le plus long VAR du tournoi : les Diables ne l’oublieront pas, leurs adversaires non plus.

Kane double Pelé, les Three Lions passent

Plus tôt dans la nuit, l’Angleterre s’est fait peur avant de dérouler. Cueillie à froid par Cipenga (7e) contre une RD Congo courageuse, elle a fini par s’en remettre à l’inévitable Harry Kane, buteur à la 75e puis à la 86e. Son doublé porte son total à 13 buts en Coupe du Monde : le capitaine anglais passe désormais devant Pelé (12) au classement historique. Les Three Lions filent en huitièmes, où le Mexique les attend le 5 juillet.

Les États-Unis passent… à dix

Le pays hôte, lui, a validé son billet dans la douleur et la controverse. Menant grâce à Balogun (45e), les États-Unis ont vu leur buteur être exclu à la 64e après recours à la vidéo — un carton rouge qui le prive du huitième. Réduits à dix, les hommes de Mauricio Pochettino ont tout de même doublé la mise par Tillman (81e) pour s’imposer 2-0 face à la Bosnie-Herzégovine. Sur l’exclusion, le sélectionneur argentin est resté droit dans ses bottes : « For me, never is it a red card. » (« Pour moi, ce n’est jamais un carton rouge. ») Un détail qui pèse lourd : Balogun sera suspendu précisément le jour où les États-Unis affronteront la Belgique.

Ce que la nuit a changé

Trois billets distribués, trois éliminés — la RD Congo, le Sénégal et la Bosnie rentrent à la maison. Et un tableau qui se dessine : Belgique et États-Unis, adversaires de la nuit dans deux stades différents, se retrouveront le 6 juillet pour un huitième de finale que personne n’avait coché. Pour les parieurs, le marché a suivi l’émotion : sur le titre final, les Diables restent des outsiders lointains, cotés autour de 36,00 chez nos partenaires (cotes décimales relevées le 2 juillet vers 08h00, heure de l’Est) — mais une qualification pareille rappelle qu’à ce stade, la logique comptable ne dit pas tout.

Si vous voulez suivre l’évolution des cotes du huitième belgo-américain en temps réel, la page cotes de Boomerang Bet.com se met à jour au fil des heures ; gardez la tête froide et pariez avec modération (réservé aux 18 ans et plus).

Pour prolonger : notre portrait des Diables Rouges au Mondial, le rappel de la qualification face au Sénégal et, pour la suite, le tableau des huitièmes de finale. Côté adversaire, tout est là dans notre dossier États-Unis.

Pourquoi le but de Tielemans est-il « le plus tardif de l’histoire » ?
Il a été inscrit à 124 minutes et 44 secondes de jeu (120e+5), soit plus tard que n’importe quel autre but jamais marqué dans une Coupe du Monde masculine, prolongation comprise.
Contre qui joue la Belgique en huitièmes ?
Contre les États-Unis, le 6 juillet. Les deux équipes se sont qualifiées la même nuit, le 1er juillet.
Pourquoi les États-Unis seront-ils privés de Balogun ?
Folarin Balogun a été exclu (carton rouge) face à la Bosnie et écope d’une suspension automatique pour le huitième de finale contre la Belgique.