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Il fallait bien que quelqu’un nous console. Sortis en quart par cette Espagne qui n’encaissait rien, nous les Belges regardions le dernier carré de loin, un peu orphelins, un peu curieux aussi de savoir qui allait finir le travail. Réponse en trois actes : l’Espagne a fait taire la France, l’Argentine a résisté à l’Angleterre, et la petite finale de Miami s’est transformée en feu d’artifice. Dimanche 19 juillet, à 21h heure belge, au MetLife Stadium, le monde aura droit à une affiche que personne n’avait osé écrire noir sur blanc il y a un mois : Espagne–Argentine. La meilleure défense de l’histoire récente contre la meilleure attaque du tournoi. Racontons comment on en est arrivés là.

En bref
Acte I — l’Espagne éteint la France
On l’appelait « la finale avant la finale ». Elle n’a pas tenu ses promesses de spectacle, mais elle a désigné la meilleure équipe. À l’AT&T Stadium d’Arlington, l’Espagne a livré un récital de maîtrise et s’est imposée 2-0 face à une France pourtant machine à marquer jusque-là. Les hommes de Luis de la Fuente ont fait ce qu’ils font le mieux depuis un mois : garder le ballon, verrouiller, ne rien concéder. La France de Didier Deschamps, elle, a buté sur ce mur — 0,30 d’expected goals, le chiffre dit tout de la soirée. La Roja rejoignait ainsi sa première finale de Coupe du monde depuis le titre de 2010.
Pour nous, il y avait quelque chose de doux-amer à regarder ça. C’est cette même Espagne, celle qui n’avait encaissé qu’un seul but du tournoi — le nôtre, signé au bout de l’agonie en quart — qui continuait sa route implacable. Perdre contre le futur finaliste, ce n’est pas la pire des sorties.
Acte II — l’Argentine tient bon face à l’Angleterre
Le lendemain à Atlanta, l’autre demi-finale a tenu son duel de légende : Kane contre Messi. C’est l’Argentine qui a eu le dernier mot, 2-1, au terme d’un match plus disputé que le score ne le laisse paraître. Les champions du monde en titre, seule équipe encore invaincue et capable de gagner tous ses matchs, ont ajouté une septième victoire à une série parfaite. Messi, lui, s’offrait une dernière finale — probablement la dernière de sa carrière en Coupe du monde.
- Espagne 2-0 France (14 juillet, Dallas) — la Roja en finale.
- Argentine 2-1 Angleterre (15 juillet, Atlanta) — l’Albiceleste en finale.
- Angleterre 6-4 France (18 juillet, Miami) — bronze pour les Three Lions.
- Argentine : 7 matchs, 7 victoires, 19 buts — la seule équipe à avoir tout gagné.
- Espagne : 6 clean sheets en une édition, un record vieux de 96 ans.
Acte III — la petite finale, ce feu d’artifice
Et puis il y a eu Miami. On attend rarement grand-chose d’une petite finale ; celle-ci restera dans les livres. Angleterre 6 – France 4, dix buts au total, le match le plus prolifique d’une Coupe du monde depuis 1982. À la pause, c’était déjà 4-0 pour les Anglais : Declan Rice (3e), Ezri Konsa (18e), puis un doublé de Bukayo Saka (37e, 45e+1). En seconde période, la France a sauvé l’honneur et bien plus — Mbappé (48e), Barcola (54e), Mbappé encore (66e) — avant que Saka ne scelle son triplé sur penalty (87e). Bellingham (90e+8) et Dembélé (90e+6) se sont répondu dans le temps additionnel.
Le triplé de Saka a une saveur historique : il est le deuxième Anglais seulement à en réussir un dans un match à élimination directe de Coupe du monde, après un certain Geoff Hurst, en finale 1966. Son sélectionneur Thomas Tuchel, lui, a avoué avoir perdu le fil : « I was not even aware he had a hat-trick. I lost the overview of the goalscorers. » (« Je n’avais même pas réalisé qu’il avait marqué un triplé. J’avais perdu le compte des buteurs. »). Saka, philosophe malgré la fatigue de fin de tournoi : « Of course, I would love to have played more. » (« Bien sûr, j’aurais aimé jouer davantage. »).
L’adieu de Deschamps, la bascule de Mbappé
Cette petite finale était aussi un point final. C’était le dernier match de Didier Deschamps sur le banc de la France, après quatorze ans, un titre mondial (2018) et une longévité record. Il l’a dit sans détour : « In my head, I know that it is my last match. I don’t want anybody to cry. The end is near, but life goes on. » (« Dans ma tête, je sais que c’est mon dernier match. Je ne veux voir personne pleurer. La fin est proche, mais la vie continue. »). Zinédine Zidane est annoncé pour lui succéder.
Et puis, au milieu de ce chaos offensif, un basculement pour l’histoire : le doublé de Kylian Mbappé l’a fait passer devant Lionel Messi au classement des buteurs all-time de la Coupe du monde. Nous y consacrons un article à part, tant le symbole est fort — mais retenez le chiffre : 22 buts en carrière, un de plus que Messi. La finale de dimanche sera, entre mille autres choses, la dernière chance de l’Argentin de reprendre son bien.
Ce que ça donne pour la finale
Pour le supporter belge orphelin, il reste un petit fil rouge : l’Espagne qui nous a sortis peut désormais soulever le trophée. Battus par le champion, ce serait presque un lot de consolation. À moins que l’Argentine de Messi n’écrive la fin qu’une partie de la planète espère.
- Espagne 2-0 France et Argentine 2-1 Angleterre : le dernier carré a livré son verdict.
- Petite finale à dix buts : Angleterre 6-4 France, triplé de Saka, doublé de Mbappé.
- L’Angleterre 3e (meilleur résultat depuis 1966), la France 4e ; Deschamps tire sa révérence.
- Mbappé (22 buts) devient le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde.
- Finale : Espagne–Argentine, dimanche 19 juillet, 21h heure belge, MetLife Stadium.
Voir aussi : Espagne–Argentine : la finale avant le coup d’envoi · Nos pronostics de la finale · Espagne Coupe du Monde 2026 · Argentine Coupe du Monde 2026 · Cotes favoris Mondial 2026
Données au 19 juillet 2026, matin. Résultats et statistiques : FIFA, ESPN, Sports Mole, beIN Sports (14-18 juillet). Citations Tuchel et Saka : Sky Sports (18 juillet). Citation Deschamps : The Tribune / ANI (18 juillet). En Belgique, les paris sportifs sont réservés aux 21 ans et plus, auprès des seuls opérateurs licenciés F1/F1+ (Commission des jeux de hasard). Jouez avec modération.