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Il était 22h48 à Bruxelles, vendredi 10 juillet, quand le stade s’est tu. Le SoFi Stadium d’Inglewood grondait encore, mais dans les salons belges, on a senti le froid. 88e minute. Mikel Merino s’était détaché à la retombée d’un corner, et le ballon avait fini au fond. Espagne 2, Belgique 1. Les Diables Rouges venaient de céder, à sept minutes de la prolongation qu’ils avaient méritée, contre la seule équipe du tournoi qui n’avait encore jamais encaissé. Et pourtant, ce soir-là, quelque chose s’est passé qu’aucun bookmaker n’avait mis dans ses cotes : cette Belgique-là, privée de son milieu axial, donnée à 5,50 pour gagner, a fait trembler les futurs demi-finalistes jusqu’à la dernière ligne droite. On est éliminés. On n’a pas à rougir.

Le résumé d’une nuit cruelle
Tout le monde attendait une correction. L’Espagne arrivait avec un bilan qui donnait le vertige : cinq matchs, cinq clean sheets, une machine défensive lancée à pleine vitesse. En face, une Belgique amputée d’Onana, victime de la rupture de ses ligaments croisés en huitième contre les États-Unis. Le scénario semblait écrit. Il ne l’était pas. Les Diables ont défendu bas, serré les lignes, et surtout — c’est là le fait marquant — ils ont marqué. Ce but belge, le premier concédé par l’Espagne au Mondial 2026, restera comme une petite fierté au milieu de la déception. Merino a fini par punir, à la 88e, sur cette action de fin de match où l’on n’a plus les jambes. La marge était mince. Elle a suffi.
Du Sénégal à Los Angeles : le chemin
Il faut se rappeler d’où l’on venait. Personne, dans les bars de Woluwe ou de Charleroi, ne misait gros sur cette équipe au coup d’envoi du tournoi. Et puis il y a eu ce Sénégal, le 1er juillet — 3-2 après prolongation, le penalty de Youri Tielemans à la 90e+34 qui reste, à ce jour, le but le plus tardif de l’histoire des Coupes du monde. Il y a eu ce huitième-là, une remontée de 0-2 qui a fait hurler tout un pays. Puis les États-Unis, 4-1, une démonstration : Lukaku, Doku deux fois, Tielemans encore. Une équipe qui trouvait son rythme. Sauf qu’à la 15e minute de ce même match, Amadou Onana s’écroulait. Ligament croisé antérieur. Saison finie. Le staff a joué le quart sans lui, avec Tielemans redescendu d’un cran. Ça a presque tenu.
- Phase de groupes — qualifiés du Groupe G, un 0-0 rageant contre l’Iran, puis le tri par la différence de buts.
- Seizièmes (1er juillet) — Belgique 3-2 Sénégal a.p. Le penalty Tielemans à la 120e+5, but le plus tardif de l’histoire du Mondial.
- Huitièmes (6 juillet) — Belgique 4-1 États-Unis. La fête, ternie par la blessure d’Onana (croisés, 15e).
- Quart (10 juillet) — Espagne 2-1 Belgique. Sortie la tête haute contre le futur demi-finaliste.
Ce qu’il restera de cette Espagne
Disons-le franchement : la Belgique n’est pas tombée contre n’importe qui. L’Espagne de Luis de la Fuente est arrivée en demi-finale invaincue depuis 36 matchs — à une seule unité du record absolu détenu par l’Argentine (37). Championne d’Europe en titre, elle n’a plus perdu qu’une seule fois sur ses 27 dernières rencontres de grand tournoi depuis 2018. Neuf clean sheets sur ses quatorze derniers matchs. C’est une génération dorée, portée par Lamine Yamal (18 ans) et Pedri, qui vise une première finale de Coupe du monde depuis son sacre de 2010. En clair : perdre 2-1 contre cette équipe-là, en lui infligeant son premier but du tournoi, ce n’est pas une honte. C’est presque une ligne de gloire.
Le verdict à froid : une génération qui passe le relais
Il faut aussi regarder les choses en face. Kevin De Bruyne a 34 ans. C’était, selon toute vraisemblance, sa dernière Coupe du monde. Deux passes décisives et un but sur le tournoi, un dernier grand rôle. Autour de lui, la relève existe : Doku a été l’un des joueurs offensifs les plus intéressants de la phase à élimination directe, Tielemans a écrit une page d’histoire. Le chantier Onana, lui, va peser sur la saison de club — retour attendu, au mieux, en février 2027. Cette campagne américaine, ce n’est pas un sommet manqué. C’est un socle. La prochaine génération des Diables a désormais un souvenir sur lequel bâtir.
Le marché avait presque raison
Sur le plan des paris, la lecture d’avant-match s’est confirmée dans les grandes lignes : l’Espagne partait à 1,63 (implicite ~62 %), la Belgique à 5,50 (~19 %), le nul à 3,90. Le scénario du match fermé, celui qu’on avait anticipé, s’est réalisé — un 2-1 serré, décidé tard. Ceux qui avaient pris la double chance X2 (Belgique ou nul) autour de 2,25-2,40 ont vu leur pari vivre jusqu’à la 88e. C’est ça, un pari de valeur sur un outsider solide : il ne gagne pas toujours, mais il tient la distance et il fait douter le favori. Les cotes ne se sont pas trompées sur l’issue ; elles ont sous-estimé la résistance.
Merci, les Diables
On avait dit, avant l’Espagne : « rêver, c’est permis ». Le rêve s’arrête en quart, à un but près, à une prolongation près. Mais il faut retenir la nuit du Sénégal, la remontée contre les États-Unis, le courage d’un quart joué à dix vrais milieux. Le foot belge repart de Los Angeles avec une certitude : cette équipe, même diminuée, sait mourir debout. Et pour la suite du Mondial, il reste quatre monstres — France, Espagne, Angleterre, Argentine — et une finale le 19 juillet au MetLife Stadium. On la regardera. Autrement, mais on la regardera.
- Espagne 2-1 Belgique (10 juillet, SoFi Stadium) — Merino buteur à la 88e.
- Les Diables sont la seule équipe à avoir marqué contre l’Espagne de tout le tournoi.
- Sortie en quart de finale, sans Onana (croisés, 6 juillet).
- Parcours 2026 : Sénégal 3-2 a.p. (but Tielemans le plus tardif de l’histoire), USA 4-1, Espagne 2-1.
- L’Espagne, invaincue depuis 36 matchs, file en demi contre la France (14 juillet, Dallas).
- De Bruyne (34 ans) tire probablement sa révérence en Coupe du monde.
Voir aussi : Diables Rouges Coupe du Monde 2026 · Espagne Coupe du Monde 2026 · Le récap des quarts et le dernier carré · France–Espagne : la finale avant la finale · Pronostics Mondial 2026 · Statistiques et records du Mondial
Données au 13 juillet 2026, matin. Résultat et déroulé : FIFA, ESPN, CBS. Cotes d’avant-match : DraftKings, bet365 (état au 9 juillet). Série de l’Espagne (36 matchs sans défaite) : Sports Mole, Sky, FIFA. Blessure Onana : Union belge, Reuters. En Belgique, les paris sportifs sont réservés aux 21 ans et plus, auprès des seuls opérateurs licenciés F1/F1+ (Commission des jeux de hasard). Jouez avec modération.